La voix de l'enseignant

13 juin 2009

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Bienvenue sur notre blog

« La voix de l’enseignant »

 

Il a été créé dans un but de prévention et de sensibilisation aux troubles vocaux à destination des enseignants.

 

Ce premier article est là pour vous accueillir mais également pour présenter notre projet et les informations que vous pourrez trouver sur ce site.

 

Ce blog s’inscrit dans le cadre de l’expérimentation d’un mémoire d’orthophonie.


Il s'articulera en 2 périodes :

- La première débute avec l’ouverture de ce site. Elle durera jusqu’à mi août. Durant cette période, vous trouverez quelques articles théoriques : les études démontrant que les enseignants sont une population à risque en ce qui concerne les troubles vocaux. Puis nous ferons un petit inventaire des différents signaux d’alertes que vous pouvez rencontrer. A partir de là, nous donnerons quelques règles d’hygiène vocale. Enfin, nous détaillerons le parcours de soin qu’il faut suivre dès que les troubles vocaux sont installés.

- Puis mi-août, le programme à proprement parler commencera : chaque semaine, nous continuerons de mettre en ligne des articles, mais ceux-ci seront plus spécifiques (par exemple traitement de la respiration, de la posture…). Nous mettrons également en parallèle des vidéos avec des exercices de souffle, de voix…

 

Pour valider cette expérimentation, nous fonctionnerons à partir de questionnaires. Mi-août, un premier questionnaire sera à remplir. .

 

L’expérimentation s’arrêtera mi novembre. Nous enverrons alors un autre questionnaire afin de voir si vos connaissances ont changé, ce qu’il en est de votre attention à votre voix et de votre comportement vocal.


Ces différents questionnaires nous permettront de voir l’utilité d’avoir mis en place un tel site.

 

Ce blog se veut interactif. N’hésitez pas à réagir aux articles que nous posterons via les commentaires, à poser des questions…

 

En espérant que vous trouverez ce que vous êtes venus chercher, nous vous remercions de votre participation à cette expérimentation.

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20 juillet 2009

Etudes statistiques

        Dans le cadre de notre mémoire, nous avons souhaité proposer une prévention des troubles vocaux à destination des enseignants. En effet, dans le cadre de l’exercice de cette profession, la voix est essentielle.

 

De nombreuses études montrent que les enseignants ont un plus grand risque de survenue de symptômes concernant les troubles de la voix.

Lors de l’enquête réalisée par la MGEN en 2005, 26% des hommes enseignants et 50% des femmes enseignantes ont répondu avoir souvent ou toujours des troubles de la voix.


D’après Simberg et coll, 2000 ; Fritzell, 1996 ; et Thibeault et coll, 2004, on remarque une majoration des risques chez les enseignants débutants, les enseignants de maternelle et les professeurs de musique. D’un point de vue général, la prévalence des risques vocaux augmente avec l’âge, en particulier chez la femme. 

 

Au vu de ces études, il paraît donc essentiel de proposer une sensibilisation vocale aux enseignants.

Posté par Estelle_Gaelle à 11:19 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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23 juillet 2009

Quelques signes d'alerte

Dans ce troisième article, nous vous présentons quelques signaux d’alerte que l’on peut repérer lorsque des problèmes vocaux se mettent en place. Il s’agit le plus souvent de signes alertant d’une fatigue vocale.

D’un point de vue non exhaustif, on va ainsi trouver :

- Une voix rauque, éraillée, qui se casse

- Une absence de voix en fin de journée (après le sport, l’école etc.)

- Une fatigue vocale (la personne est fatiguée de parler)

- Une voix instable

- Un essoufflement en parlant

- Une voix plus grave

- Une obligation de changer de comportement vocal : chuchotement, forçage

- Une impression par les interlocuteurs que la personne qui parle est enrhumée

- Une impossibilité de chanter (voix qui se coince dans les aigus)

- Une impossibilité de parler et/ou chanter doucement

- Un souffle dans la voix

- Une impossibilité de crier

- Une voix qui ne porte plus

- Une baisse de la qualité ou de la puissance de la voix

- Des périodes d’aphonie ou d’enrouement assez fréquentes

- Des sensations de « grattage », des impressions d’avoir quelque chose dans la gorge

- Des picotements, assèchements de la gorge…

- Des maux de gorge ainsi que des brûlures

- Un besoin de se racler la gorge

- Une perte de voix

- La personne ne parle plus mais crie tout le temps

- Des tensions/douleurs dans le cou, les épaules

- Une respiration haute

Si ces signes persistent malgré une attention accrue au geste vocal, ou si des douleurs apparaissent, il convient de consulter un professionnel qui fera les examens nécessaires.

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23 août 2009

Quelques règles d’hygiène vocale

Dans cet article, nous vous présentons quelques conseils à adopter pour vous donner un premier aperçu de ce qui est bien ou mauvais pour votre voix.

 

Ces conseils d’hygiène vocale seront plus précis et plus amplement décrits dans les articles que nous posterons dans notre programme de septembre.

 

Regarder son public : la voix s’adaptera en effet aux personnes les plus éloignées que l’on regarde.

Respirer : prendre le temps de respirer et penser à avoir une respiration nasale.

- Ne pas forcer sur sa voix, conseil qui semble logique mais qui n’est souvent pas appliqué : on a effectivement tendance à moduler sa voix, à la changer. De plus, il faut penser à éviter les toussotements et les raclements.

- Boire de l’eau ou avaler sa salive : cela permet d’éviter de se racler la gorge ou d’avoir des petits toussotements, qui sont irritants pour l’appareil phonatoire.

- Se tenir droit : toujours adopter une bonne posture afin d’obtenir un bon geste vocal.

Se détendre : l’utilisation de la respiration abdominale permettra par exemple de donner de l’ampleur à sa voix.

Se ménager des pauses durant le travail vocal.

Eviter la consommation d’alcool, de tabac et de café.

Humidifier l’air : cela permet de pallier les inconvénients de l’air sec et chaud procurés par le chauffage.

Enfin, la voix est tributaire de la santé en générale : la fatigue a un effet sur la voix et sur les muscles vocaux.

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22 septembre 2009

Présentation du programme

Bonjour à tous ! 

Comme vous le savez, dans le cadre de notre mémoire en Orthophonie, nous vous proposons un programme d’information et de prévention des troubles. Ce programme se déroulera sur 8 semaines, un thème lié à la voix étant traité par semaine.

Pour que ce travail soit validé et surtout afin de travailler en collaboration avec vous dans le but d’aboutir à une information la plus adaptée possible à votre profession, nous avons besoin d’aide.

En effet, il faudrait que des enseignants acceptent d’être volontaires pour participer à ce programme. Il s’agira de visiter le blog une fois par semaine minimum afin de lire les articles proposés, nous en faire un commentaire si cela vous paraît nécessaire et remplir un questionnaire en début puis en fin de programme.

Pour que nous puissions faire une analyse correcte de ces retours, nous vous proposons de nous envoyer vos coordonnées (nom ou pseudo et adresse mail) par mail. Nous tenons à préciser que ces analyses resteront anonymes et que vos coordonnées ne seront pas utilisées à des fins commerciales.

Il est vraiment très important pour nous d’avoir le plus grand nombre d’inscriptions à ce programme, d’une part parce qu’il s’agit d’un travail de recherche et d’autre part, parce qu’un plus grand nombres de questionnaires et de commentaires, nous permettra de cibler plus précisément vos besoins et attentes concernant la prévention vocale.

Nous précisons qu’il est tout à fait possible de s’inscrire à n’importe quel moment du programme. Nous vous remercions de l’aide que vous pourrez nous apporter.

Le programme débutera la semaine du 28 Septembre 2009. Le thème de cette première semaine sera : « Signes d’alerte - Conseils - Parcours de soin ».

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28 septembre 2009

Parcours de soin

Vous ressentez des douleurs lorsque vous parlez ? Vous êtes fatigué en fin de journée ? Vous avez l’impression de forcer afin de vous faire entendre ? Vous vous êtes reconnu dans les différents signes d’alerte que nous avons cités ? Suite à cela, vous souhaiteriez consulter afin d’être rassuré sur l’absence d’une pathologie vocale ?


Pour cela, il vous suffit d’aller chez votre médecin traitant habituel afin qu’il vous fasse un courrier pour un bilan chez un médecin ORL ou chez un phoniatre (ce courrier est nécessaire à la prise en charge de la consultation du spécialiste par la sécurité sociale à 70% au lieu de 30% si l’on consulte de son propre chef hors parcours de soin coordonné). Il faut également lui demander une ordonnance pour un bilan orthophonique ainsi que des séances de rééducation si besoin (à savoir, l’orthophonie est entièrement remboursée à 60% par la sécurité sociale et à 40% par la mutuelle.) En effet, il faut une ordonnance par professionnel. De ce fait, si votre rendez-vous pour l’examen est trop loin dans le temps, vous pourrez tout de même venir chez l’orthophoniste pour commencer un travail.

 

 

Mais finalement quelle est la différence entre le phoniatre et l’ORL ?


=> Le médecin ORL traite la sphère allant des oreilles jusqu’aux poumons.

Pour les cordes vocales, il fera un examen par nasofibroscopie, c'est-à-dire qu’il passera par votre nez afin de voir vos cordes vocales.

Il va surtout chercher si vous possédez une pathologie organique et se focalisera moins sur le fonctionnel.

(La différence entre les pathologies organiques et fonctionnelles se fera dans un prochain article).


=> Le phoniatre quant à lui va regarder l’aspect organique mais également fonctionnel.

Il fera des enregistrements de votre voix, des photos, des films de l’activité de vos cordes vocales.

Il va utiliser un laryngoscope, c’est-à-dire qu’il passera par votre bouche pour faire son examen.

C'est intéressant si vous avez déjà eu des séances de rééducation ou si vous avez des problèmes particuliers car cela vous donnera un bilan plus précis


L’orthophoniste quant à lui vous fera des séances de rééducation pour pallier vos difficultés vocales. La prise en charge touchera différents domaines tels que la  relaxation, la respiration, la posture, l’écoute de votre voix, des exercices en voix parlée et chantée, et enfin un travail sur votre comportement vocal à l’extérieur.

 

Pour résumer, allez chez le médecin traitant pour:

 

       - Courrier pour un bilan avec un ORL ou un phoniatre

  - Courrier pour un bilan orthophonique avec rééducation si nécessaire 

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01 octobre 2009

Signes d'alerte - conseils

Dans ce premier article de notre programme de sensibilisation, nous allons reprendre les différents symptômes qui doivent vous alerter sur un mauvais fonctionnement vocal. Nous allons aussi vous donner quelques conseils permettant d’améliorer l’utilisation de votre voix.


QUOI ?


Votre voix se modifie, elle n’est plus la même qu’avant : elle devient rauque, plus grave, éraillée, se casse, est instable avec des montées involontaires dans les aigus, s’assourdit…


Vous vous apercevez que vous êtes obligé de changer de comportement vocal (chuchotement forçage…), qu’il vous est impossible de chanter, de parler doucement  ou de crier ; que vous ne parlez plus mais êtes obligé de crier tout le temps ; qu’en fin de journée, vous n’avez plus de voix…


Votre voix ne porte plus, vous avez un souffle dans la voix ou un essoufflement en parlant, vous avez l’impression d’être fatigué de parler, d’avoir une baisse de la qualité ou de la puissance de la voix…


Enfin si vous avez des périodes d’aphonies ou d’enrouement assez fréquentes, des sensations de « grattages », des impressions d’avoir quelque chose dans la gorge, si vous sentez des picotements, des assèchements de la gorge ainsi que des douleurs et des brûlures, un besoin de se racler la gorge, des tensions ou des douleurs dans le cou, les épaules => il convient de prêter attention à ces signes afin que des problèmes vocaux ne s’installent pas de façon plus chronique.

 


POURQUOI ?


Parler dans le bruit ou dans un environnement poussiéreux, des troubles ORL ou digestifs (tels que le reflux gastro-œsophagien : remontées acides de l’estomac dans l’œsophage), des efforts à glotte fermée (efforts en bloquant sa respiration), et enfin les cris, un usage intensif de la voix, le forçage vocal, le raclement de gorge, le stress, le tabac, l’alcool sont autant de choses à redouter pour un bon fonctionnement vocal.


         Ainsi, autant que possible, il convient d’être dans un environnement calme voire silencieux pour éviter d’avoir à forcer. Bien sûr, nous sommes conscientes que les conditions de travail en salle de classe ne permettent pas ce calme nécessaire. On peut donc également faire attention à sa voix en faisant attention à son souffle, sa détente, son hygiène alimentaire et à sa posture => points qui seront détaillés ultérieurement.

 


COMMENT ?

 

         Au vu de ces différentes informations, différents conseils d’hygiène vocale peuvent être donnés.


La première chose que nous pourrions dire est d’éviter de parler fort et dans le bruit, du moins dès que cela est possible.


=> Voix

 

Il faut tenir compte de sa voix en apprenant à la poser, la placer, en sachant en contrôler l’intensité et les modulations (en effet, des modulations exagérées ne servent qu’à fatiguer l’appareil vocal sans ajouter d’intérêt au contenu). De la même façon, il ne sert à rien de changer sa voix pour parler. Il faut éviter les changements de voix telles que les imitations. Enfin il faut faire attention aux drôles de bruits pouvant sortir de la gorge (tels que coups de glotte, attaques dures…). Il convient ainsi d’éviter de chuchoter excessivement ou de chanter à une mauvaise hauteur par exemple.


Le plus possible, il convient d’éliminer les efforts et les crispations au niveau de l’appareil vocal.

 

Afin de ne pas irriter les organes phonateurs, le raclement et le toussotement sont à éviter le plus possible. Pour cela, pensez à boire régulièrement de l’eau ou à avaler sa salive. En effet, il vaut mieux boire un verre toutes les heures que boire la même quantité à un moment concentré dans la soirée. L’humidification de la muqueuse doit se faire de façon continue pour garantir une bonne qualité vocale.

 

=> Repos et santé


Il faut également apprendre à se ménager des pauses au cours du travail vocal et faire correspondre à une fatigue vocale un repos plus prolongé.

 

Enfin, la voix est tributaire de la santé en générale : la fatigue a un effet sur la voix et les muscles vocaux. Pour cela, il faut avoir une bonne hygiène de vie et dormir suffisamment (les nuits blanches sont donc à proscrire). Il s’agit d’un des points les plus importants. A cela s’ajoute de faire attention, à ce que ses éternuements ou ses bâillements ne soient pas trop bruyants, d’éviter de parler ou chanter quand on est enrhumé ou avec des maux de gorge.


De même, le matin avant d’aller travailler, il est important de s’échauffer, que ce soit son corps ou sa voix.


Enfin, riez beaucoup mais avec un appui du diaphragme !


=> Habitudes alimentaires

 

Lorsqu’on dépend professionnellement de sa voix, il convient de veiller à ses habitudes nutritionnelles ; surtout lorsqu’on est face à des horaires irréguliers et à des situations de stress, deux facteurs pouvant être à l’origine du reflux gastro-œsophagien. Ainsi, pour prévenir ce reflux, il faudrait par exemple laisser environ 2 heures de délai entre le repas et l’heure du coucher afin d’éviter que les sucs gastriques ne refluent vers l’œsophage. En position allongée, sous l’effet de la gravité, certains sucs peuvent parvenir jusqu’aux cordes vocales. Les personnes sensibles à ce phénomène ressentent des aigreurs et peuvent souffrir de laryngite causée par le reflux. Outre certaines mesures tels que l’utilisation d’oreillers anti-reflux ou des lits qui permettent de rehausser la tête pour contrecarrer l’effet de la gravité en position allongée et ainsi éviter le reflux, un choix équilibré de certains mets et  boissons permet également d’éviter le reflux. Si on a une profession où l’usage fréquent de la voix est indispensable, il faut renoncer à des excès de café, de sodas, de mets très épicés ou à base de tomates. Il est déconseillé de consommer des produits laitiers, du chocolat et des noix pour garder une muqueuse saine et souple.


De la même façon, il est mieux d’éviter la consommation d’alcool, de tabac.

 

Enfin, les vêtements trop serrés à la taille sont déconseillés.

 

Il faut également faire attention à ne pas prendre de médicaments sans l’avis d’un médecin, et éviter de prendre des psychotropes et des stéroïdes.    


=> Regard

 

Le message a plus de chances d’atteindre un maximum de personnes si l’on  regarde son public : en effet, la voix s’adapte aux personnes les plus éloignées que l’on regarde.

 

=> Humidité de l’air

 

D’un point de vue des conditions atmosphériques ou environnementales, nous pourrions conseiller d’assurer dans la pièce où l’on travaille, une certaine saturation de vapeur d’eau afin de pallier les inconvénients de l’air sec et chaud que le chauffage central peut procurer. Pour cela, il suffit de mettre un bol d’eau dans la pièce, elle s’évaporera lentement et humidifiera l’air que vous respirez.

08 octobre 2009

Anatomie

La voix est une entité physiologique et non anatomique greffée sur les appareils respiratoires et digestifs : c’est une production sonore intentionnelle propre à la communication. Elle est produite par la mise en vibration du souffle venant buter sur les cordes vocales, puis modulée. Il y a donc 3 étages à décrire.


Le geste vocal est constitué par l’ensemble des activités musculaires qui font la voix. Les 3 étages cités précédemment sont :

Fourniture d’énergie : respiration. Un grand espace corporel est mis en jeu : en effet, il faut rassembler l’énergie pour la voix. A cet étage, le rachis, l’abdomen et le thorax sont impliqués.

On retrouve l’action principale du diaphragme qui sert de cloison musculaire. Il va séparer le thorax de l’abdomen. Il s’agit du principal muscle inspirateur ; les abdominaux lui sont antagonistes (c'est-à-dire que pendant que l’un se contracte, l’autre se relâche de manière alternative).

La voix se fait sur l’expiration uniquement.

 

 

 

 

 

 

Image1

La respiration est primordiale dans le geste vocal, elle sera donc traitée dans un article ultérieur.

 

- Fabrication du son : larynx. Il y a 2 cordes vocales, elles sont horizontales et situées dans le larynx, derrière la pomme d’Adam. Dans le boitier du larynx, tout est miniaturisé, tonique, précis : l’émission est la structure de la voix. Le cou et le larynx participent à la fabrication du son.

 

Image2

 

Le larynx est primordial pour 3 fonctions : la déglutition, la respiration et la phonation. Il est formé de nombreux cartilages, articulé entre eux par différents muscles.


Le cartilage cricoïde lui sert de base, tandis que le cartilage thyroïde est un élément protecteur. Les cordes vocales vont s’articuler sur les cartilages aryténoïdes.

L’épiglotte quant à elle dépasse du cartilage thyroïde et sert d’ »aiguillage » quand on respire ou lorsqu’on avale : elle sert à fermer le larynx pour permettre le passage des aliments dans le pharynx lors de la déglutition, ou au contraire s’ouvre afin de laisser passer l’air de la respiration ou lors de la phonation.

Enfin le larynx est suspendu à l’os hyoïde, seul os sans relation articulaire osseuse ce qui lui confère une grande mobilité.


Image3

IIlustrations par Franck H. Netter

 

 

Image4

Illustrations par Franck H. Netter


Les cordes vocales s’insèrent sur les cartilages aryténoïdes et sur le cartilage cricoïde. Elles sont formées de 3 parties (de la partie la plus profonde à la couche la plus superficielle) : le muscle vocal,  le ligament vocal et la muqueuse.

Le larynx a ses propres muscles permettant différents mouvements des cordes vocales afin d’obtenir des sons plus ou moins aigus, une glotte (espace entre les cordes vocales) plus ou moins fermée… :

Le thyro-aryténoïdien ou muscle vocal : il fait la tension active de la corde vocale. La corde se raccourcit, le muscle devient plus rigide et le ligament plus lâche.

Le cricothyroïdien : il fait la tension passive de la corde vocale, le bord libre de la corde devient plus fin. Ce muscle intervient principalement dans le réglage de la hauteur.

Le cricoaryténoïdien latéral : il est l’adducteur des cordes vocales, sous son action, la corde va être allongée et abaissée. C’est un muscle qui complète le rapprochement des cordes, il gère la pression d’accolement des cordes (martelage), il régule l’intensité, la hauteur et la registration.

     - Le cricoaryténoïdien postérieur : il est, quant à lui, l’abducteur de la corde vocale, il ouvre la glotte. Il est donc en général inactif pendant la phonation.

 

 

 

Ainsi, grâce à l’action combinée des ses différents muscles ainsi qu’aux différents cartilages présents dans le larynx, les cordes vocales vont, entre autres, s’étirer ou se réduire afin de moduler un son plus ou moins grave.

 

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Les cordes vocales vues d’en dessus de la glotte

 

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Figure A : lors de la respiration


Figure B : lors de la phonation


- Modulation du son : les résonateurs


On parle de résonateurs pour désigner les cavités supra-glottiques que le son laryngé parcourt et qui assurent sa résonance. Grâce aux résonateurs, la voix prend une couleur et trouve un nouvel espace de diffusion.


Les voyelles vont être les modulations acoustiques du son primaire, les consonnes sont les bruits secondaires les accompagnants (elles sont faites avec les résonateurs : langue, voile du palais…). Les résonateurs seront plus amplement détaillés dans un prochain article.


Nous pouvons tout de même d’ores et déjà en citer quelques uns : le premier résonateur en amont du larynx est le pharynx, puis nous allons trouver les cavités buccale et nasale.


Ces cavités peuvent changer de taille et de forme grâce aux organes mobiles qui les composent, c’est-à-dire : la mandibule, la langue, les lèvres, les muscles du pharynx et du larynx, le voile du palais et les narines. De mêmes, d’autres petits espaces jouent un rôle dans cette résonance, tels que la trachée, les espaces : jugal, interlabial…


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Rôle du système nerveux


Le système nerveux joue bien entendu un grand rôle dans la phonation. L’innervation est à la fois motrice et sensitive :

 

=> L’appareil moteur :

Au niveau cortical*, les voies motrices des organes bucco-faciaux, pharyngés et laryngés partent de la partie inférieure de la circonvolution frontale ascendante*, descendent jusqu’au bulbe* d’où partent les principaux nerfs responsables des mouvements de l’appareil de la phonation : les nerfs VII, IX, X et XII.

Les fibres motrices correspondant à l’appareil respiratoire descendent le long de la moelle épinière.

=> L’appareil sensitif :

Les nerfs sensitifs de l’appareil phono-respiratoire remontent jusqu’au cortex afin de délivrer leurs informations.

 

=> Influence de l’émotion et l’état affectif :

 

Notre voix est le miroir de notre état affectif et de nos émotions. La régulation de nos émotions se fait au niveau du diencéphale* qui va agir sur notre système végétatif et modifier la respiration et la voix. En raison de nos états émotionnels internes, il arrive que la voix échappe à notre contrôle. C’est pourquoi nous allons pouvoir observer une voix qui s’étrangle, qui monte dans les aigus…

 

La relation entre le système nerveux autonome* (SNA) et la parole a été modélisée par Williams et Stevens en 1972.

L’activation accrue de la branche sympathique* du SNA apparait lors de l’expérience de colère, de peur ou de joie intense. Cette activation provoque une augmentation du rythme cardiaque et de la tension artérielle et une plus forte distribution du sang dans la musculature striée. Ces changements physiologiques entrainent des modifications de la profondeur et de la fréquence respiratoire, aussi bien qu’une diminution des sécrétions salivaires. L’activation accrue du système parasympathique* conduit à la diminution de la fréquence cardiaque, à la réduction de la pression sanguine et à l’éloignement du sang de la musculature striée lors de l’expérience du chagrin.

 

Ces effets physiologiques influencent le fonctionnement des appareils respiratoire, phonatoire et articulatoire en provoquant de multiples changements acoustiques.

 


Glossaire :


 - Système nerveux autonome : partie du système nerveux responsable des fonctions automatiques telles que la digestion, la sudation… Il contrôle la fonction respiratoire, digestive et cardiovasculaire

- Système nerveux sympathique : correspond à la mise en état d’alerte de l’organisme et à la préparation à l’activité physique et intellectuelle

- Système nerveux parasympathique : il correspond au repos et à la digestion. Il économise l’énergie et maintient les activités de base à leurs niveaux copilotes.

 - Cortical : relatif au cortex.

 - Circonvolution frontale ascendante : l’aire motrice est située dans la circonvolution frontale ascendante (au niveau de la partie avant du cerveau), elle assure la contraction élémentaire de tous les muscles.

- Bulbe : partie du centre nerveux, entre la base du cerveau et le haut de la moelle épinière, contenant les centres réflexes régulateurs de la respiration et de la régulation cardiaque.

Diencéphale : partie du cerveau située entre les 2 hémisphères cérébraux.


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15 octobre 2009

Pathologies vocales

Deux types de pathologies vocales existent : les troubles vocaux d’origine fonctionnelle et les troubles vocaux d’origine organique.

Les dysphonies d’origine fonctionnelle sont liées à un mauvais fonctionnement de l’appareil vocal sans lésion des cordes vocales. Une mauvaise technique d’utilisation de l’appareil vocal entraîne une altération de la voix avec l’installation d’un cercle vicieux : forçage vocale et fatigue. Il existe aussi en général une mauvaise coordination pneumo-phonique, c’est-à-dire une mauvaise adaptation entre respiration et phonation. Ces dysphonies sont également liées à un défaut de posture.

Dans cette catégorie, il faut également différencier le malmenage, le surmenage et le forçage :

- Le malmenage correspond à une mauvaise utilisation de la voix

- Le surmenage est l’utilisation excessive de l’appareil vocal

- Le forçage vocal est un comportement d’effort

Les dysphonies d’origine organique se distinguent des précédentes par la présence de lésions visibles sur la ou les cordes vocales.


Néanmoins, dans certains cas, l’une peut être à l’origine de l’autre et inversement. Ainsi, un forçage vocal peut entraîner la formation d’un nodule. De même, une vergeture peut provoquer un forçage vocal.


Nous pouvons différencier 2 types de pathologies parmi les organiques : les pathologies congénitales (c’est-à-dire celles présentes dès la naissance) et les pathologies acquises qui sont la conséquence d’un forçage vocal.


Dans cette catégorie, de nombreuses pathologies existent.


Le fait d’avoir une pathologie vocale peut altérer votre voix en la modifiant. En effet, une lésion peut augmenter la masse des cordes vocales rendant la vibration plus lourde et donc la voix plus grave

Lorsque la tension ou la rigidité de la corde vocale est augmentée, ou lorsque la portion vibrante et raccourcie, la tonalité de la voix sera plus aigüe.


L’intensité de la voix peut également être touchée, en étant plus faible ou au contraire plus forte. Lorsque l’intensité est faible, cela correspond souvent à des lésions qui entraînent une rigidité des cordes vocales et une insuffisance de fermeture glottique (les cordes vocales ne se ferment plus complètement, ce qui entraîne un passage de l’air en même temps que le son). Cela peut être en lien avec des phénomènes d’inhibition vocaleLa forte intensité s’observe quand la masse des cordes vocales est augmentée ou lorsqu’il y a un fonctionnement vocal hypertonique.


Enfin, le timbre peut également être touché. Un timbre voilé ou soufflé donne un bruit de souffle en rapport avec un écoulement d’air anormalement important pendant l’émission du son (souvent dans les cas d’insuffisance de fermeture glottique).

On peut également avoir un timbre éraillé qui correspond aux irrégularités de la vibration laryngée ainsi qu’aux vibrations parasites du bord libre.

Enfin, des phénomènes de bitonalité (émission de 2 sons différents en même temps) peuvent apparaître lorsque les 2 cordes vocales ont des masses différentes et ne vibrent pas à la même fréquence.


Néanmoins il faut nuancer, les troubles vocaux ne sont pas des cancers, ce sont des pathologies bénignes. De même, une voix plus grave par exemple n’est pas signe forcément d’une lésion avérée. Il convient juste de faire attention et d’appliquer les conseils que nous allons vous donner dans nos prochaines parutions ! En effet, avec ce texte, se « terminent » les articles un peu trop théoriques.


Dès la semaine prochaine, cela sera plus interactif, plus pratique !!!

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19 octobre 2009

Question : La respiration ?

Après ces articles très (très) théoriques, le prochain thème traité sera la respiration.

Mais vous qu'en pensez-vous ? Avez-vous une idée du rôle de la respiration dans la phonation ?

Vous a-t-on déjà donné des conseils ?

N'hésitez pas à laisser vos commentaires afin de partager vos avis et vos connaissances ....

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